Renversantes, renversées

Marina Vitaglione

Abigail Assor

C’était toutes les semaines à cause de la lumière. Allongée sur le lit, je la sentais d’abord presser sur mes orteils – je bondissais. Rendors-toi, il marmonnait. Mais je me redressais et déjà, je la voyais strier nos chevilles. D’un coup sec, je tirais le rideau.

Souvent, le premier des trois immeubles d’en face était déjà touché – par la fenêtre, je voyais bien que sa façade était rose, comme de la poudre aux joues, et que lorsque, du plat de la main, je masquais le tas de vélos attaché en bas, ses murs sentaient le lilas. La nuit, ils paraissaient tous gris, les murs, mais le jour en révélait les teintes vraies ; du numéro 174, on savait désormais les volets ouverts, fermés, les trois plantes au bord d’une fenêtre. Ça me faisait pleurer. Même si c’était toutes les semaines qu’elle venait, la lumière, à chaque fois, ça me faisait pleurer.

Pleure pas, il disait, la tête sur mon épaule, regardant en même temps que moi la lente catastrophe. Tu vois bien, qu’il reste encore deux immeubles, alors il ne faut pas pleurer. Pleurant tout de même, j’embrassais ses cheveux, puis son visage, toutes les ombres de son visage, nichées sous l’aile du nez, au creux des cernes ; les ombres sur son corps, j’embrassais aussi, pour les dilater, peut-être, les rendre géantes. Ça ne servait à rien – la lumière avançait sur le 176.

Il s’en allait dans la cuisine préparer du café. Moi, les genoux entre mes bras, je constatais le lit maintenant colonisé du soleil et, de l’autre côté de la rue, la porte d’entrée vert bouteille du deuxième immeuble, son mur en briques, qui était en train de naître. Il revenait avec les deux tasses chaudes, et on buvait en regardant le feu tricolore être conquis, lui aussi. On se prenait la main très fort.

Parfois, il s’énervait : arrête avec ton spectacle, c’est toutes les semaines le même spectacle devant lequel tu pleures ; le soleil vient de l’arrière de la Terre pour éclairer les immeubles, et c’est tout, on ne peut rien y faire. On n’est que deux, nous, il disait ; on ne peut pas faire cesser le mouvement d’un feu pareil. Je ne savais pas s’il le pensait. Mais lorsque la lumière atteignait la première fenêtre du numéro 178, il pleurait aussi.

Il le savait – bientôt, on verrait tout entière la porte blanche du troisième immeuble ; alors ce serait l’heure. C’était comme ça, avec la lumière – nous ne pouvions plus nous cacher, je devais partir. J’enfilerais ma robe, je crierais non, je ne veux pas, laisse-moi rester, toute la lumière n’est pas arrivée. Lui, sur le palier, il me dirait : à la semaine prochaine.

Je la voyais assise devant la coiffeuse, dont le miroir vieilli empêchait les petits épieurs comme moi de distinguer les traits de son visage. Mais je le connaissais par coeur, son visage, et par coeur tout ce qu’elle était ; quand je la dessinais, et cela m’arrivait souvent, la reproduction me venait en un coup de crayon, comme ça, les yeux fermés. Bien sûr, les autres ne comprenaient pas que je la dessinais elle. Ils disaient : quelles sont ces lignes qui serpentent, qui bouclent presque ? Du vent qui souffle ? Des rideaux à oeillets ? C’était parce qu’ils ne voyaient pas et, moi, qui voyais si bien, je ne prenais pas la peine de leur dire la vérité – non, ce ne sont pas des rideaux à oeillets. C’est ma mère ; ma mère est ondulée.

Ses cheveux ondulaient. Elle les coiffait doucement avec la brosse en poils, et ils faisaient des vagues immenses, couleur de blé et de fatigue, qui roulaient lentement au passage de sa main ; sa main, elle aussi, ondulait en passant, prise d’un tremblement minuscule que seuls ceux qui l’aimaient suffisamment fort, aussi fort que moi, pouvaient percevoir. J’étais le seul, je crois. Ondulée aussi était la jupe de flanelle qui enveloppait tout le tabouret, devant la coiffeuse, qui frôlait le sol – le tissu était pris de remous quand, pressant la poire du flacon de parfum, elle soulevait un genou. Toute la chambre sentait alors le jasmin, et ce jasmin ondulait jusqu’à moi. Je serai bientôt prête, elle lançait, me voyant tapi dans l’encadrement de la porte, guettant chacun de ses mouvements. Mais moi, je pouvais rester ici toute la vie à noter ce qui ondulait, ce qui n’ondulait pas.

Ma mère est ondulée, c’est comme ça. Je ne crois pas que les autres mères, s’il y en a, gardent à l’intérieur d’elles toutes les danses du monde, comme elle. Vraiment, je ne crois pas ; d’ailleurs, de ces danses, je suis l’auteur unique. Car lorsque je me glissais dans son lit, et qu’elle riait, que son rire ondulait, que le soleil, sur nous, ondulait, que les draps ondulaient, que les rides autour de ses yeux ondulaient, elle se redressait. Je voyais son ventre, qui était plein de plis, et dont la houle ralentissait, s’accélérait, à mesure qu’elle respirait. Là, elle me rappelait mes exploits : c’est parce que je t’ai porté que ça ondule comme ça.

Personne à l’école ne savait ce qu’elle faisait là-bas, sur l’île en face de Locmiquel. On l’appelait la dame au globe. Du matin au soir, elle se tenait courbée sur sa chaise longue, enveloppée dans une couverture bleue, et portait sur ses genoux un globe terrestre. Elle le faisait rouler du bout de son index en fixant l’océan, cillant à peine – autour d’elle, il y avait les cabanons, les amoureux en promenade, les barques. Mais le vent aurait bien pu les emporter qu’elle n’aurait pas bougé ; elle ne cessait jamais, inquiétante, immobile, de faire tourner son globe.

Tous les enfants du continent s’étaient accordés sur le fait qu’elle était dangereuse. Elle m’a jeté un sort, maugréait un camarade qui s’était foulé la cheville. Pour nous effrayer, les grands murmuraient : la dame au globe vous mangera cette nuit. Nous pleurions. Et notre terreur, déjà immense, s’amplifiait pendant la marée basse – car alors, une bande de sable apparaissait et formait, entre nous et elle, un tombolo.

Les pêcheurs, bière à la main, se moquaient bien de nous. Ils y allaient parfois, en face, quand ça ne mordait plus trop, et ils pêchaient près d’elle. À leur retour sur le continent, nous nous jetions sur eux : alors ? Alors, la dame au globe ? Ils haussaient les épaules – on vous l’a dit cent fois, morveux, ce n’est rien qu’une dame ; qu’elle fasse tourner son globe si ça lui chante.

L’adolescence vint, et d’autres petites dames se chargèrent d’occuper nos pensées. Nous passions devant la dame au globe comme nous passions devant la mer, tantôt remarquable, tantôt ordinaire. Et un jour, alors que je marchais vers le lycée, on me rentra dedans. Je dus me frotter les yeux – c’était elle.

La couverture sur le dos, la chaise repliée sous son bras, son globe terrestre entre les mains, elle me faisait face. Toi ! lança-t-elle. Où se trouve la gare ?

Je répondis, la voix tremblante il est vrai, qu’il y avait plusieurs gares, que cela dépendait d’où elle voulait aller. Elle se gratta la tête. C’est que, bégaya-t-elle, je ne me souviens plus.

J’avais pourtant enfin décidé, continua-t-elle, les yeux dans le vide. Un endroit qui commence par … Un endroit sans la mer, car les vagues et les décisions, ça ne fait pas bon ménage, puisque la vague roule toujours dans le sens inverse du globe et vice versa … Un endroit qui commence par …

Elle inspira longuement. Et sans dire mot, elle reprit sa marche en sens inverse. De là où j’étais, je la vis redescendre jusqu’à la plage, remonter le tombolo. Une fois sur l’île, elle déplia sa chaise longue, s’enveloppa dans la couverture, et fixa l’océan. Là, elle fit tourner le globe.

Tous les soirs, nous nous retrouvions pour marcher – neuf, dix kilomètres, parfois, et nous n’étions pas fatigués. Nous traversions tout le village, de la rue aux fleurs jusqu’au sixième lampadaire, près de la poste – s’il fallait le refaire cent fois, nous le refaisions cent fois, sa main dans la mienne. Parfois, surtout l’été, lorsque la nuit tombait tard sur nos pieds bouillonnants, nous nous aventurions sur les routes de campagnes, ou bien nous continuions vers la grande ville dont le clocher, au loin, nous servait de boussole. Jamais elle ne se plaignait et moi non plus ; tout au plus, nous faisions une pause à côté d’un point d’eau. Bien sûr, lorsqu’on ne voyait plus rien ou qu’il faisait froid, nous rentrions chacun chez soi – il nous fallait reprendre des forces pour la marche du lendemain. Une fois à l’abri de nos chambres, nous ressortions nos mappemondes et faisions les calculs : aujourd’hui, nous avons parcouru dix kilomètres de plus qu’hier, et vingt de plus qu’avant-hier. Je traçais au feutre rouge les nouveaux millimètres.

Le lendemain, à la poste, je la retrouvais. Lorsqu’à la pause, le patron allait fumer dehors, nous filions dans le cagibi pour nous montrer nos cartes. Nous sommes presque en Espagne, je soufflais. Oui, elle répondait – nous atteignons Figueras. Nous savions ce que ça voulait dire : bientôt, ce serait Barcelone, et nous savions tout de Barcelone. Nous avions acheté les guides, mesuré les distances entre les cafés et les parcs, appris l’histoire, l’architecture – plus que 182 kilomètres, et ce serait Barcelone.

Après Barcelone, il y aurait Valence, Grenade, Malaga et Gibraltar ; nous n’avions pas décidé si nous mettrions ensuite le cap vers l’Ouest, direction l’Amérique, ou vers le Sud pour atteindre le Maroc. La seule chose dont nous étions certains, c’est qu’il nous faudrait bientôt traverser l’eau – l’Atlantique ou la Méditerranée – alors nous nous étions inscrits à la piscine municipale pour, en temps voulu, poursuivre à la nage. Mais nous avions encore quelques mois devant nous ; cela faisait déjà trois ans que nous parcourions dans le village les distances qui nous séparaient du reste du monde.

J’avais eu l’idée alors qu’elle triait les colis dans l’entrepôt et soupirait – je suis jalouse de ces colis qui font de si longs trajets. Ils arpentent le monde entier, elle disait, et moi, mon horizon, c’est la rue aux fleurs, le sixième lampadaire. J’avais répondu que nous aussi nous pouvions faire de longs trajets, si nous le voulions ; que nous pourrions sillonner ici-même la Terre entière, kilomètre après kilomètre, dans les temps exacts du voyage. Et nous ferions le tour du monde ? elle avait demandé. Le lendemain, nous nous étions mis en marche pour La Rochelle.

Nous aimions toutes les deux le même garçon et ça ne pouvait plus durer. Pendant des semaines, je l’avais vue le regarder avec des yeux de coton ; je le connaissais bien, ce coton, puisque j’avais le même dans le regard si, à moins de dix mètres de moi, il se mettait à respirer. Elle, elle me disait qu’elle avait plutôt noté, au fond de ma pupille, le crépitement d’une cheminée, et qu’elle savait bien que c’était de l’amour, puisque l’exacte même cheminée s’allumait en elle s’il lui souriait – mais je vois dans mon miroir que mon feu brûle plus que le tien, elle ajoutait. Je m’énervais : ma flamme est douce pour protéger le coton, ce coton de la noce, et il vaut mille fois ton feu de paille !  Tais-toi ! Non, toi, tais-toi ! Enfin – nous aimions toutes les deux le même garçon et ça ne pouvait plus durer.

La formule fut trouvée dans un vieux grimoire ; ma voisine, qui avait cent ans et faisait de la magie, me l’avait prêté. Mais je ne suis pas une sorcière, avais-je objecté. La vieille avait soupiré : l’amour, ça vaut bien quelques sorcelleries. Elle avait écorné une page qui titrait : Rituels pour Choisir.

Quelques jours plus tard, un soir de pleine lune, nous nous étions retrouvées dans le bois, juste avant minuit. J’avais apporté du sel gemme, de la sauge et du harmal ; elle était chargée des allumettes et du charbon. Nous avions allumé un grand feu, récité les prières, brûlé les plantes et sauté par-dessus la fumée. Puis, nous nous étions allongées dans deux directions différentes, ses pieds contre les miens. Il fallait attendre – avant la fin de la nuit, disait le grimoire, un rayon de lumière viendrait éclairer celle qui serait choisie. Celle-ci, alors, serait toute désignée pour clamer son amour, et le recevoir du garçon qui, dès lors, lui appartiendrait – elle serait l’élue de la Lune.  

En attendant le rayon décisif, elle me parlait de son feu et je lui parlais de mon coton. Nous évoquions, de notre amour immense, la mollesse et la fougue, les picotements dans les jambes, la langueur du yeux, la fragilité du coeur ; nous dessinions dans l’air, avec les feuilles du bois, le visage du garçon que nous aimions ensemble. Et au son de la voix de l’autre, du vent et de la nuit, nous nous endormîmes, pied contre pied, et bientôt épaule contre épaule car nous avions froid sous les rayons de lune que nous ne voyions pas ; au réveil, il faisait grand soleil.

Je ne sais pas qui me l’avait appris. La seule chose dont j’étais certaine, c’était que je l’avais toujours su, si bien que ce savoir me semblait antérieur à ma naissance, comme si ce n’était pas moi qui en avait pris connaissance, mais la connaissance qui, enveloppante, m’avait prise.

Je n’étais pas la seule à savoir. Presque toutes les filles autour de moi savaient aussi – mais il est vrai qu’aucune ne savait aussi bien que moi. Dans la roselière, j’étais le roseau suprême.

On louait ma finesse ; même si les autres filles aussi avaient appris comment être légères, j’étais de loin la plus frêle. Une tape reçue sur l’épaule et je m’effondrais ; un coup de vent, je m’envolais. Nombreuses étaient celles qui, sur ces points, me faisaient concurrence. Mais mes mouvements de chute et d’envol étaient plus fluides, plus immédiats, comme une danse tribale dont mon corps se souvenait. Immobile la plupart du temps, je ne parlais pas non plus ; si les garçons me posaient une question, je répondais dans un murmure, je disais souvent que je ne savais pas. Ils m’aimaient alors. J’étais plante, air et silence, par tous couronnée ; ébahies par mon succès, les autres filles me disaient : tu es renversante. Je crois qu’elles voulaient plutôt dire que j’étais renversée.

J’étais ainsi roseau du matin au soir, délicate, fébrile, célébrée pour ma conduite idéale. On disait de moi : quelle fille ! Et puis un jour, je découvris l’endroit. Au détour d’un chemin, j’aperçus, cachée derrière des buissons, une porte ; je l’effleurai plusieurs fois du bout de mes doigts feuilles, mais elle ne s’ouvrit pas. Je perdis patience. Il me fallut regarder autour pour m’assurer que personne ne me voyait ; alors, de mes muscles véritables, je la poussai.

C’était un jardin peuplé de grandes succulentes. Entre les arbres de jade et les aloés, au son de tambours invisibles, des femmes se promenaient – je n’en avais jamais rencontré de pareilles. Elles étaient amplifiées. Toutes étaient des géantes, quatre fois plus hautes que moi ; leurs bras et les jambes, leurs seins, débordaient, ronds, et leurs voix portaient loin – elles éclataient de rire. Certaines chantaient et d’autres jouaient de la mandoline. Quel est cet endroit ? je demandai à l’une d’entre elles qui, à quelques centimètres de moi, mordait à pleine bouche dans une cuisse de poulet. Ses lèvres rouges et luisantes répondirent, amusées – mais c’est l’endroit des femmes, bien sûr. Tu ne le connais pas ? Nous venons ici redevenir entières, dès que nous le voulons : bruyantes comme l’incendie, fortes comme le chêne.

J’aimais la voir adossée contre le rempart, le visage baigné dans le seul carré d’ombre projeté par l’oranger ; dans tout le douar, il n’y en avait qu’un seul, d’oranger, et tous les matins, elle courait pour se placer devant, avant les autres, elle se prenait les pieds dans sa djellaba. Ça jasait, bien sûr, mais je savais qu’elle s’en fichait. De là où j’étais, je pouvais compter les gouttes de sueur glissant depuis la racine de ses cheveux, que son voile, peut-être à dessein, laissait entrevoir ; certaines séchaient grâce à l’ombre. D’autres se logeaient dans ses rides, dans les ridules au coin de la bouche qui, si l’on regardait aussi bien que je savais la regarder, souriait un petit peu, comme à chaque fois qu’elle volait ainsi une pause, en plein travail.

Devant elle il y avait la grande bassine en plastique rose pleine de jus, la cagette bleue où s’entassaient les peaux des figues de barbarie. Autour, les mains ridées, sanglantes parfois à cause des épines, épluchaient, dépulpaient, triaient, nettoyaient pour récupérer les graines. Ses mains à elle aussi saignaient. Seulement, une seconde, elle les avait posées sur ses genoux brûlants sous la tunique et le soleil, et elle avait tendu le cou pour mettre son visage au frais, et elle avait fermé les yeux. Moi, je rêvais qu’elle me regarde, mais je ne voulais pas la déranger.

C’était toujours mon père qui le faisait à ma place. Il me traînait derrière lui dans ses inspections à travers le douar. Passant devant les travailleuses et la voyant oisive, il aboyait son nom. Bouge-toi ! il disait. Alors elle ouvrait les yeux très vite, chancelante, comme tirée d’un rêve, et elle se remettait à éplucher les fruits. Et je me demandais si peut-être, comme moi toutes les nuits, elle avait rêvé que nous étions amies. J’y pensais en m’endormant – elle me remarquerait un jour, et elle verrait en moi ce que je vois en elle, et nous ne nous quitterions plus. Un jour, au coucher du soleil, nous nous enfuirions ensemble, elle la vieille travailleuse du douar et moi la gamine du directeur – et dans les rues de Marrakech, libres et désobéissantes, nous mâcherions, la bouche grande ouverte, les graines précieuses des figues de barbarie.

Marina Vitaglione

Marina est une photographe basée à Londres. Elle s’intéresse particulièrement à la photographie mêlant documentaire et fiction, et au lien entre image et texte. Son livre Solastalgia, sur l’impact du changement climatique sur la ville de Venise, a été publié par Overlapse en 2017.

Abigail Assor

Abigail est une écrivaine vivant entre Paris et Turin. Elle est l’auteure de plusieurs nouvelles primées et enseigne l’écriture de fiction à des classes de lycée. Elle a passé deux années en résidence à la Scuola Holden, où elle achevait l’écriture de son premier roman.